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Sans intermédiaires

Sans intermédiaires

13-06-2012

Les légumes en direct, du producteur au consommateur

​Producteurs et consommateurs trouvent ensemble des solutions pour réduire les intermédiaires : pour les uns, on réduit ainsi les marges des distributeurs, et pour les autres la qualité est au rendez-vous grâce à une traçabilité maximum à un moindre coût. Du panier AMAP* à la cueillette sur place, revue de détails des bonnes pratiques imaginées pour des achats « en direct ».

Dans les Vosges, à Hennezel,  la Ferme de Briseverre accueille ses clients en leur donnant des seaux vides : à eux de les remplir de fraises, de framboises ou de myrtilles, selon la saison. «Pour les myrtilles, rangées 12 et 14. Pour les groseilles, mêmes rangées mais montez tout en haut. » Et les voici partis, ces cueilleurs du dimanche, en famille avec les grand-mères et les petits, le seau à la main pour cueillir assez de myrtilles pour les réserves de confitures de l’hiver. De retour avec les seaux pleins, il faut passer à la pesée. « Avec  3 seaux de 4  kilos de fruits, j’ai bien assez pour les confitures, 2 tartes et il en reste pour les manger comme ça… » dit Géraldine, qui vient ici en vacances chaque année. La cueillette est l’occasion d’une sortie « nature » en famille, mais aussi une façon bien économique de faire ses achats, car si la ferme vend également les fruits cueillis, le prix n’est pas le même : Un kilo de fruits cueillis par vos soins coûte environ 3 euros, les myrtilles mises en barquettes par le producteur sont plutôt à 6 euros, alors que le prix au kilo avoisine plutôt les 20 euros en grandes surfaces ! Mais il est impossible de faire son marché chaque jour en parcourant la France dans les fermes de cueillettes. 

Il y a quelques années, les paniers AMAP* ont fait leur apparition, sous la forme d’un engagement mutuel entre le producteur de fruits et légumes et ses consommateurs. Ces derniers s’engagent à acheter une partie de la récolte, ce qui permet à l’agriculteur d’ajuster sa production en évitant le gaspillage, et d’être assuré de vendre ses produits. Pour les clients, c’est l’assurance d’une traçabilité à toute épreuve, et d’une qualité remarquable. La relation de confiance qui s’instaure permet de proposer aux « consommacteurs », clients engagés dans leur acte d’achat, de cuisiner uniquement des produits de saison. Ainsi, ces derniers vont parfois chercher semaine après semaine des paniers qui se ressemblent : courge, re-courge et encore courge en hiver, ou de belles quantités de salades au printemps, ce qui oblige les clients à cuisiner ce qui a été produit, et non d’imaginer une recette avant d’aller en acheter les ingrédients. De cette manière, nous reproduisons le schéma rural de la consommation saisonnière quasi exclusive de son propre potager. Les quelques contraintes contrarient parfois : l’engagement d’achat du panier est annuel, et il faut venir chaque semaine récupérer ses 5 ou 10 kg de fruits et légumes. Mais quel bonheur de cuisiner des produits certifiés bio ou en agriculture raisonnée, et dont la fraicheur est maximale !

Pour limiter les intermédiaires sans être contraint à cueillir soi-même ou s’engager à l’année, les consommateurs font leur marché. Mais sur les places citadines, les producteurs sont rares : on y voit plutôt des maraîchers revendeurs qui achètent eux-mêmes leurs légumes à des grossistes. Difficile pour les clients de trouver le petit agriculteur en mono-culture venu pendant une matinée entière vendre ses melons à bas prix, car pour lui, il est plus rentable de passer ce temps à travailler à sa production et de vendre en gros.

Les collectivités ont donc décidé de se mobiliser afin de développer les « marchés de producteurs » qui s’engagent à proposer uniquement des produits qui proviennent directement et exclusivement des producteurs. Les Chambres d’Agriculture portent le projet des « marchés de producteurs de pays », qui ont même un logo et une charte de fonctionnement : déjà 29 départements sont adhérents à la démarche, et 370 lieux de marchés sont ouverts en France. Ainsi, les agriculteurs ont l’opportunité de proposer leurs produits dans un cadre garantissant la qualité des intervenants, et de ce fait, attirant un grand nombre de consommateurs sensibles à ce qu’un marché garanti « sans intermédiaires » leur soit ouvert près de chez eux.

Pour tous ceux qui aiment acheter leurs légumes à celui qui les fait pousser, c’est une bonne nouvelle !

* : AMAP : association pour le maintien de l’agriculture paysanne

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